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                                             Ode à la sensualité.

 

Des corps.

La langue du corps, le temps du corps, le corps du temps, les fissures du corps, les tours du corps, les pourtours du corps, les plis du corps, les brisures du corps, les cassures du corps, les parcours du corps et des ligaments, les atours des vaisseaux, les contours de veines, les retours de ciseaux,  les pourtours les ondes et les scalpels, les détours, les atours et les retournements du corps, les renversements sur la table, les entourages, les globes de sang, les caillots de sang, les résidus des spermes de pu, éléments de recherche d’un nombre de doigts, du nombre de talons d’Achilles.


L’élongations du coup, le morceau de chauffage, la tête du chef de gare à la casquette, la montre du danseur toujours à l’heure de midi, la position du  voyageur qui attend le train, les trains qui sont en retard, la petite valise, le vieux chanteur, la jeune fille  à l’arrivée, le bonhomme à coté du nez arrive le premier à sa hauteur qui a ta largeur, pense à la hauteur recommandée à l’entrée du pays de granite bleu- le fouta - le pachyderme.

Toute une enquête, non pas sur l’identité mais sur l’énigme de l’existence- quel meilleur cadre que le corps, pour tenter de retrouver la ‘’race singulière d’un homme qui a forgé son mystère dans le regard d’un pachyderme sur un insecte parcourant toute la forme de son nez à la géographie d’une Guinée au sol aride où l’on suppose la naissance de tous les éléphants et d’espèces cousines.


Cette naissance que ne peuvent confirmer les savants se révèle dans les formes d’une montagne que des bergers ont des milliers de fois contournée avec leurs troupeaux.  


L’artiste dont la voix est prépondérante cherche à lier le corps à une généalogie mythique entre des silhouettes et des arbres qui surgissent et disparaissent dans des ombres décroissantes et des bulles sur des feuilles jaunies. La description du corps déposé à l’intérieur de la bauxite, du  fer froid et de l’énergie au rebord de l’histoire en situation- j’entends-

‘’ Je suis venu à la recherche peut être de celui  qui  fut le frère de ma mère ‘’- dit elle. Une longue trompe d’éléphant ouvrait le cortège des danseurs et le corps apparaît comme simple muscle sous le soleil de midi, des yeux partout,  maintiennent chaque membre accroché dans la lumière à l’exception d’un membre atrophié qui veut tout  voir à l’intérieur des corps. Le cerveau  les orteils, le plexus.


 Ode à la sensualité des corps dans l’inépuisable objet de poésie et des plaisirs spirituels- les corps dans leur enchevêtrement et au-delà de ce que la science nous dit sur leur compte, s’envolent en laissant leurs yeux sur le sol : c’est bien le regard de la peinture actuel sur les fantasmes qu’il a inspiré à nombre d’artistes- le corps dans les cosmogonie's, dans la symbolique et les mythologies, les corps pour nous parler de nos environnements, de notre quotidien, de nos utopies-

Le corps, une vision, une interrogation lumineuse pièce principale de la mécanique du vivant… alors l’artiste se demande ;

‘’Veut-on devenir un  corps menacé par la corruption de l’huile ou un corps qui parle et trace des sillons, efface des frontières réelles entre trois langues en une langue qui revendique un seul pays ?’’

La part interne de l’eau du corps est dans un ailleurs différent de l’endroit  où on est, le parcourir exige nécessairement de préalables qui ne relèvent pas de la peinture, mais plutôt dans une vision, je veux dire une stratégie poly chromatique faite pour moitié de mouvements et pour moitié de mélodies et de rythmes- c’est  le chemin du  corps qui  se parcourt ici la bicyclette à l’inverse, mouvement qui pousse l’esprit vers l’irrépressible expansion des mots. Mais alors à l’intérieur même de la peinture se produit une irréparable déchirure de la parole de haut en bas, car la lumière va s’emparer du cœur et contraindre tous les organes de sens à construire dans la matrice d’un cercle, des lignes qui les éloignent d’eux-mêmes pour ensuite les rassembler autour d’un point d’éblouissement. Un petit corps à la semblance d’un vers qui au terme du détour vient s’agglomérer avec d’autres molécules de langue, enserrent encore le corps de lignes de sang et la langue prends racine dans le corps du paysage- il faut à chaque moment créer le niveau du verbe dans le déplacement du regard pour remplir l’espace vide- le corps, ce lieu est ici une langue dont le corps est à la fois son point fixe et son centre gravité. Comme la lumière fait l’ombre, le corps donne des moyens à lumière et à l’ombre d’offrir à la peinture une puissance organique. Toutefois les flans de la peinture vident les hachures dénuées en profitant d’éléments préexistants qui déjouent les lignes verticales avec des paravents d’un homme blanc qui organise trois espaces dés lors décentrés les uns par rapport aux autres-

Les corps suspendus, les corps en vol, les corps prolongés en une mise en espace complexe confrontée à l’architecture aux colonnes banales.

L’artiste développe un langage propre  d’une efficacité surprenante, elle dit :

« Essayer de représenter le pouvoir d’un corps expressionniste oublié aujourd’hui ! »


Organiste diront d’aucun peut être dans le sens  physiologique entomologique etc. etc.  Des rapports avec le biologiste avec le vivant sans doute en fonction du caractère mouvementé qui donne un triple sens à l’œuvre.

Le fait d’avoir trouvé tant de corps dans sa peinture et hors d’elle,  des yeux dans des expressions divers, les tracés peu communs des courbures, les façons de les assembler, les enchevêtrer,  les rétrécir, les enlaidir, les plier jusqu’à la cassure est une manière de défier le sens justement de faire contre sens dans la parole et dans le sens de refaire le tour du sens, d’une histoire de retour- faire naître dit-elle une sensation  nouvelle.

Le corps ici comme questionnement ouvre autant de pistes qui  conduisent dans des directions opposées.

La compréhension des œuvres de Sarane dans la liste de mots vierges ci-dessous :

Les tours, les pourtours, les contours, les cours, les parcours, les retours, les atours, les détournements, les renversements, les entourages, et pourtant !


Ces mots poétiques quoique portés par des couleurs n’ont pas de rapports directs avec l’artiste sinon de témoigner par des lignes essentielles ontologiques le  travail de l’intérieur de son corps avec distance – elle nous propose des nouvelles de l’âme sur le mode des mythologies anciennes à  travers la sienne propre- c’est un espace, un spectacle où le corps n’est là  qu’en tant que complice des mythes en mouvement et de la mémoire. Aussi, comme dans toute histoire particulière il faut au tout début que chacun prépare son corps et à la fin le récupère pour le levé de rideau sur Conakry ou  sur l’ailleurs.


Dans cette exposition, l’entre mélange est l’aboutissement d’un travail mental dont la structure du  corps est d’égal importance d’avec les mots, les sonorités et les volumes de la pensée  qu’elle exprime- la réponse à la question  qu’elle pose, qu’elle se pose 

‘’ Le corps est-il plus expressif que la parole ?’’ Nous savons répondre :

‘’ Bien sur Oui- car l’artiste sait interroger la mémoire sur un support tel que le corps- elle a tenté de libérer des limites de l’identité unique contraignante pour se livrer à  ses désirs- le commencement d’un travail qui  arrive à cet état devait être très difficile compte tenu  du  tissage et du métissage de plusieurs lignes de vie à ne pas négliger sur la paume de la main et les moyens de réduction d’un effort ‘’d’approfondissement’’ de soi (frein) !


Du laboratoire Agit ART

Issa Samb Joe

Texte Jo Ouakam Texte Jo Ouakam